Deuxième visite de la semaine et retour à Fremantle.
Nous avons été accompagnés par Matt, qui viendra avec les élèves australiens en septembre.
Mais reprenons : appel, ils sont tous là, et c'est reparti pour un tour en train, une heure pour aller à Fremantle.
En arrivant, petite question : "Pourquoi il y a un panneau
Highway to Hell ? C'est un truc dangereux ?"
"Alors. Dans les temps préhistoriques, au XX°s, il y avait un groupe qui s'appelait AC/DC..."
Nous dirigeons ensuite le petit groupe vers le Fremantle Arts Centre où se trouvent des expositions liées au Perth Festival. Au passage, les bâtiments dans la rue sont parfois décorés de fresques.
Une fois arrivés, c'est l'occasion de faire un peu de découverte d'art contemporain et aborigène avec les œuvres de Butcher Cherel Janangoo, originaire du Kimberley (nord de l'Australie occidentale) et passeur des rites de la communauté Muludja.
Nous passons ensuite à l'exposition dédiée à John Prince Siddon, "All Mixed Up", un Walmajarri qui a perdu une jambe lors d'un accident de cheval. Il mélange (comme le nom de l'exposition l'indique) des influences de la TV, du Narrangkarni (le
Temps du Rêve, mythe créateur pour les Aborigènes) et l'iconographie du désert (j'ai le feuillet de l'expo sous les yeux, ça aide :D).
Visiblement ça les a inspirés. Même les œuvres avec les peaux de kangourous et les crânes de chevaux et de vache.
Après un déjeuner sur l'herbe, le temps de la visite de la fameuse et terrible prison de Fremantle arrive enfin, alors que les premières gouttes commencent à tomber.
Rhonda sera notre guide pour le tour de prison. Accrochez-vous, elle parle bien mais vite et nos petits ont vite fait de décrocher. Heureusement que le prof est attentif et suit pour répondre aux questions (ils s'intéressent !).
C'est impressionnant à l'extérieur, la prison pouvait recevoir un millier de prisonniers (convicts tout d'abord) mais dans de petites cellules. C'est peu ou prou l'équivalent du lycée (1250 élèves) mais dans des placards à balai.
"Ça ressemble à Fort Boyard" Si on veut. Le matériel a été partiellement importé d'Angleterre (dalles, rambardes, portes...), le reste a été fait à main d'homme par les convicts (déportés) qui ont construit leur propre prison.
Mais, ça a pris du temps !? Si on veut, de 1855 à 1888. Mais la déportation pouvait aller de 7 ans (vol d'une miche de pain ou d'un morceau de jambon...) jusqu'à perpétuité (meurtre ou téléchargement illégal du dernier concert de Maître Gims).
Rhonda nous régale d'une foultitude d'anecdotes marrantes, que nous ne sommes que trois à comprendre. Il faudra travailler la compréhension orale "Aussie" en rentrant...
Juste une, le filet anti-suicide, installé en 1923, 23 ans après les suicides en question.
La cellule de l'artiste. Ainsi nommée car James Walsh (convict dans les années 1850-60) a réalisé des dessins sur les murs de sa cellule sans que l'on sache comment et surtout ses travaux n'ont été découverts qu'en... 1964, presque un siècle après sa mort !

A droite, la cellule anti-évasion. Dédiée à deux détenus particulièrement doués pour s'évader et enfermés ici.
Petit fait à retenir : il n'y a jamais eu d'eau courante dans les cellules jusqu'à sa fermeture en 1991 (si si, 1.9.9.1). Pas de toilettes donc, juste un seau pour les excréments (imaginez lors des vagues de chaleur) et deux douches de 4 minutes deux fois par semaine, c'était l'occasion de changer de vêtements.
Rhonda nous explique ensuite que les détenus qui refusaient de faire les travaux d'intérêt général restaient dans la cour de 8h du matin à 8H du soir, quelque soit la météo, sans possibilité de retourner dans leur cellule de toute la journée. Le préau n'a été installé qu'en 1968.
Pour
les méchants choupis qui ont refusé de manger du dessert ou qui étaient
en retard au rendez-vous fixé par le prof, Jeanne nous fait la
démonstration du châtiment, "flogging" : 100 coups de fouet. Vous
pouviez aller jusqu'à 40, vous remettre quelques temps sur avis du
médecin, puis on reprenait jusqu'à 100.
NB : les pieds du détenu ne
touchaient pas le sol et tous les détenus devaient regarder.
Rhonda
explique ensuite le déroulement de l'exécution capitale par le menu. A
ce stade il faut tout leur traduire et ils trouvent que, quand même, la
peine de mort c'est assez inhumain, mais tout est pensé pour que le
décès soit immédiat.



J'en
ai donc laissé quelques uns méditer sur leur sort s'ils ne me rendent
pas la vidéo sur le voyage et leur DM d'histoire à temps.
Et pour leur apprendre les bonnes manières (pas d'inquiétude, personne n'a été enfermé) :
Un petit tour par la boutique souvenir où ils vendent des koalas et kangourous en uniforme de détenu et le musée de la prison où figurent les objets de la vie quotidienne, pas toujours drôles (ça reste une prison).
Retour, toujours dynamique, à la gare avec une petite étape shopping (je vous conseille de faire immédiatement opposition sur vos cartes bleues !).
Nous terminons par un petit jeu qui nous a occupé pendant la moitié du trajet. Même Matt et une passagère y ont joué pendant que Madame cherchait le truc. Je vous laisse deviner la règle...
En vous remerciant pour vos commentaires qui m'encouragent à demander aux enfants de me passer leurs photos pour partager ces moments avec vous !