samedi 29 février 2020

C'est le départ !

Déjà quinze jours, time flies!
Je dois avouer que certains n'ont pas trop envie de partir (je ne donnerai pas les noms mais ils sont pratiquement une quinzaine).
Matinée de préparation des sacs donc et escapade au Neil Hawkins Park, à côté de la maison.
 C'est un parc dépendant du Yellagonga Regional Park. Au total il existe 11 parcs qui visent à préserver, tant bien que mal, les espaces naturels de la métropole de Perth.
Bon, tout est aménagé (herbe fluo et barbecues) et il y a quelques détritus sur les rives, mais l'endroit est reposant.
La variété et tout simplement la présence d'oiseaux va nous manquer...
 Australie, tu vas me manquer (nous en avons vu un, tout petit).
 
 Un cygne noir, symbole de l'Australie occidentale.
 Le parc est classé comme zone humide. En France et en Europe elles sont menacées de disparition.
 Ça nous a rappelé un peu le Cameroun et la côte est des Etats-Unis.
 Mais ce n'est pas tout et il faut se préparer à vraiment partir à l'aéroport. Snif !

Les familles déposent nos petits choupis dont elles ont pris grand soin durant ces deux semaines.
Quelques larmes, de grandes embrassades et beaucoup d'émotion 😢
Tout le monde passe le contrôle de sécurité presque sans encombres : ciseaux confisqués, fouilles, Léonard asperge involontairement le petit groupe de déo... mais ça va. Même le scan les a reconnus (sauf notre star, pas si internationale, Jeanne...) avec les yeux larmoyants.
Maintenant c'est l'attente pour embarquer et il fait faim. Nous les avons laissé chasser le snack sauvage dans le bush de l'aéroport. J'ai peur de voir leurs trophées. Ils vont dépenser leurs derniers dollars.
Une petite chorégraphie pour patienter.

Vous pourrez nous suivre en direct sur flightradar24, vol QR901. Arrivée à 5:55 locales à Doha, j'essaierai de faire un petit post si le temps nous le permet.
Retour dans l'hémisphère nord.

vendredi 28 février 2020

So long mate, but one more to go!

"Salut l'ami, mais encore une journée à venir!"
Dernière véritable journée donc pour l'équipe LVA in Australia 2020.
Quelques cours et une journée (enfin) radieuse pour terminer avec la farewell party.
Pour faire durer le plaisir, nous avons commencé, sans les choupis pour une fois, par un passage par les markets de Fremantle.
 L'édifice est modeste au premier abord mais dévoile toute son amplitude lorsque l'on entre.












On se retrouve au milieu de boutiques de souvenirs, de camelots, d'herbes, de vêtements en tout genre...





 Vient ensuite la partie intéressante, la gastronomie : viandes séchées (dont du kangourou), maraîchage, thés, repas sur le pouce.

 Dernier petit tour en centre-ville et nous repassons devant l'hôtel de ville. N'ayant pu voir l'intérieur les fois précédentes, j'ose demander gentiment aux personnes de l'office de tourisme s'il est possible d'entrer.
Nous ne fûmes pas déçus, voici le résultat :
 Une cour intérieure d'inspiration italienne mais aux motifs victoriens. L'accès n'est pas permis car les murs ont besoin d'un rafraîchissement et d'un replâtrage par endroits. Cela reste toutefois très joli.
 Le théâtre, d'inspiration italienne sans doute également.
 Le hall d'entrée, aux vitraux presque art déco.
 A l'extérieur se trouve une statue de John Curtin, premier ministre australien originaire de Fremantle et qui a gouverné le pays pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Je n'ai pas osé demandé s'ils comptaient faire la même statue de Scott Morrison, l'actuel PM, avec une torche enflammée à la main, ou une planche de surf car il était à Hawaii durant les feux...
Bref, je m'égare.
Retrouvons Pénélope et Penelope from Oz (Oz-tralia).
 Petit speech de Mme Resta, qui en profite pour demander qui a amélioré son anglais / français durant le séjour, ou qui a goûté la terrifiante Vegemite (certains voulaient en étaler sur des crêpes j'ai entendu !).
 Et oui, il a fait beau ! Qui l'aurait cru ! Ils n'ont même pas eu le temps de se baigner, eux. Mais certains comptent bien se rattraper demain après avoir fait leurs sacs (ça va ressembler à du Tetris au départ puis ils font finir par tout rentrer à coups de pied).
 Il est 18H30, l'heure d'un bon gros fish & chips bien huileux et gras avant un bon dodo à 19H57 pétantes.
 On fait la même chez le reste du groupe, il fait beau, les mouettes font kwak et les estomacs gargouillent déjà à l'approche de ce plat estival.

Il ne me reste plus qu'à rendre l'antenne jusqu'à demain pour l'embarquement. J'aurais bien le temps de faire un post rapide après la crise de larmes à l'aéroport.
Une petite vue de Marmion Beach. Je n'ai pas pris le kodak étanche mais je vous assure que ça grouille de poissons et de homards.


Merci encore pour les commentaires. N'hésitez pas à relire certains articles comme celui d'hier où j'ai rajouté une vidéo.

jeudi 27 février 2020

De l'a(rt) borigène

Une dernière journée de visite à la Art Gallery of Western Australia pour la petite équipe. De l'art et un peu de pluie.
Ces derniers jours sont assez humides et l'orage tonne alors que j'écris ces lignes.
 Le groupe est divisé en deux, ce qui n'est pas plus mal pour bien comprendre les explications de notre guide. Une gentille dame qui est venue de nombreuses fois en France et qui parle à un rythme plus doux qu'hier.
 Elle nous présente quelques œuvres d'artistes aborigènes contemporains et leurs auteurs. C'est l'occasion d'un plongeon sur cette page assez tourmentée de l'histoire de l'Australie et le regard porté sur l'art aborigène.
 Nos petits découvrent les techniques de sculpture, peinture et gravure des différentes œuvres. Ici, des totems funéraires du Nord de l'île faits à partir de troncs et réalisés spécialement pour la galerie.
 Certains tableaux sont réalisés à partir de roches broyées et représentent les visions ancestrales des groupes les ayant représentées. Il existe une multitude de groupes et de langues indigènes (Indigenous) en Australie mais on retrouve des points communs sur l'île même ainsi qu'en Indonésie.
 On examine de près et parfois on peut même toucher.
 Ils sont attentifs mais la climatisation nous rafraîchit pratiquement jusqu'à la chair de poule.
 Quelques vases me direz-vous, mais réalisés par une mission luthérienne allemande en lien avec une tribu aborigène. Certains peuvent atteindre les 100 000 dollars.
 Un triptyque d'un artiste qui a découvert un petit portrait de son arrière grand-mère et qui a représenté le visage de cette dernière avec celui de sa jeune fille. C'est saisissant de réalisme et d'humanisme.
 Une autre artiste célèbre (je n'ai pas retenu le nom et je risquerai de l'écorcher) qui représente les souvenirs de son enfance. Comme les nombreuses artistes, elle a commencé à peindre à 70 ans, une fois les enfants et petits-enfants partis, mais contrairement à d'autres elles représente des figures humaines. Les animaux et les esprits sont en effet représentés davantage que les hommes.
 Les maîtres allemands sont présents dans la galerie et ont enseigné la peinture à l'européenne. On ne voit pas les kangourous sur celle-ci mais on dirait pratiquement une photo. Cela a donné naissance à un style bien particulier et unique au monde, entre technique européenne et vision indigène.
Un petit pique-nique à l'abri du vent et des gouttes puis nous les laissons dépenser leurs derniers dollars dans le centre-ville.
Un bravo à Théo pour laisser une marque à Perth !

Demain c'est la farewell party et nous croisons fort les doigts pour que le soleil chasse les mauvais nuages.
Elle aura lieu à Hillary's. L'orage a tonné toute la nuit, nous gratifiant de magnifiques éclairs mais aussi, paradoxalement, d'un ciel dégagé dévoilant toute la beauté de la voie lactée.

mercredi 26 février 2020

Pénélope en prison

Deuxième visite de la semaine et retour à Fremantle.
Nous avons été accompagnés par Matt, qui viendra avec les élèves australiens en septembre.

Mais reprenons : appel, ils sont tous là, et c'est reparti pour un tour en train, une heure pour aller à Fremantle.
 En arrivant, petite question : "Pourquoi il y a un panneau Highway to Hell ? C'est un truc dangereux ?"
"Alors. Dans les temps préhistoriques, au XX°s, il y avait un groupe qui s'appelait AC/DC..."

Nous dirigeons ensuite le petit groupe vers le Fremantle Arts Centre où se trouvent des expositions liées au Perth Festival. Au passage, les bâtiments dans la rue sont parfois décorés de fresques.
 Une fois arrivés, c'est l'occasion de faire un peu de découverte d'art contemporain et aborigène avec les œuvres de Butcher Cherel Janangoo, originaire du Kimberley (nord de l'Australie occidentale) et passeur des rites de la communauté Muludja.
 
Nous passons ensuite à l'exposition dédiée à John Prince Siddon, "All Mixed Up", un Walmajarri qui a perdu une jambe lors d'un accident de cheval. Il mélange (comme le nom de l'exposition l'indique) des influences de la TV, du Narrangkarni (le Temps du Rêve, mythe créateur pour les Aborigènes) et l'iconographie du désert (j'ai le feuillet de l'expo sous les yeux, ça aide :D).
 Visiblement ça les a inspirés. Même les œuvres avec les peaux de kangourous et les crânes de chevaux et de vache.
 
Après un déjeuner sur l'herbe, le temps de la visite de la fameuse et terrible prison de Fremantle arrive enfin, alors que les premières gouttes commencent à tomber.
 Rhonda sera notre guide pour le tour de prison. Accrochez-vous, elle parle bien mais vite et nos petits ont vite fait de décrocher. Heureusement que le prof est attentif et suit pour répondre aux questions (ils s'intéressent !).
 C'est impressionnant à l'extérieur, la prison pouvait recevoir un millier de prisonniers (convicts tout d'abord) mais dans de petites cellules. C'est peu ou prou l'équivalent du lycée (1250 élèves) mais dans des placards à balai.
 
 "Ça ressemble à Fort Boyard" Si on veut. Le matériel a été partiellement importé d'Angleterre (dalles, rambardes, portes...), le reste a été fait à main d'homme par les convicts (déportés) qui ont construit leur propre prison.
Mais, ça a pris du temps !? Si on veut, de 1855 à 1888. Mais la déportation pouvait aller de 7 ans (vol d'une miche de pain ou d'un morceau de jambon...) jusqu'à perpétuité (meurtre ou téléchargement illégal du dernier concert de Maître Gims).
 Rhonda nous régale d'une foultitude d'anecdotes marrantes, que nous ne sommes que trois à comprendre. Il faudra travailler la compréhension orale "Aussie" en rentrant...
Juste une, le filet anti-suicide, installé en 1923, 23 ans après les suicides en question.

La cellule de l'artiste. Ainsi nommée car James Walsh (convict dans les années 1850-60) a réalisé des dessins sur les murs de sa cellule sans que l'on sache comment et surtout ses travaux n'ont été découverts qu'en... 1964, presque un siècle après sa mort !


 A droite, la cellule anti-évasion. Dédiée à deux détenus particulièrement doués pour s'évader et enfermés ici.

Petit fait à retenir : il n'y a jamais eu d'eau courante dans les cellules jusqu'à sa fermeture en 1991 (si si, 1.9.9.1). Pas de toilettes donc, juste un seau pour les excréments (imaginez lors des vagues de chaleur) et deux douches de 4 minutes deux fois par semaine, c'était l'occasion de changer de vêtements.

 Rhonda nous explique ensuite que les détenus qui refusaient de faire les travaux d'intérêt général restaient dans la cour de 8h du matin à 8H du soir, quelque soit la météo, sans possibilité de retourner dans leur cellule de toute la journée. Le préau n'a été installé qu'en 1968.




 Pour les méchants choupis qui ont refusé de manger du dessert ou qui étaient en retard au rendez-vous fixé par le prof, Jeanne nous fait la démonstration du châtiment, "flogging" : 100 coups de fouet. Vous pouviez aller jusqu'à 40, vous remettre quelques temps sur avis du médecin, puis on reprenait jusqu'à 100.
NB : les pieds du détenu ne touchaient pas le sol et tous les détenus devaient regarder.
Rhonda explique ensuite le déroulement de l'exécution capitale par le menu. A ce stade il faut tout leur traduire et ils trouvent que, quand même, la peine de mort c'est assez inhumain, mais tout est pensé pour que le décès soit immédiat.


J'en ai donc laissé quelques uns méditer sur leur sort s'ils ne me rendent pas la vidéo sur le voyage et leur DM d'histoire à temps.
Et pour leur apprendre les bonnes manières (pas d'inquiétude, personne n'a été enfermé) :


Un petit tour par la boutique souvenir où ils vendent des koalas et kangourous en uniforme de détenu et le musée de la prison où figurent les objets de la vie quotidienne, pas toujours drôles (ça reste une prison).
 Retour, toujours dynamique, à la gare avec une petite étape shopping (je vous conseille de faire immédiatement opposition sur vos cartes bleues !).
Nous terminons par un petit jeu qui nous a occupé pendant la moitié du trajet. Même Matt et une passagère y ont joué pendant que Madame cherchait le truc. Je vous laisse deviner la règle...

En vous remerciant pour vos commentaires qui m'encouragent à demander aux enfants de me passer leurs photos pour partager ces moments avec vous !